Extraits du discours de SA l’Emir de l’Etat du Qatar au sommet du CCG à Riyad

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  • Le terrorisme est devenu l’un des plus dangereux défi auquel notre monde contemporain doit faire face. Il menace la sécurité et la paix mondiales et connaît dernièrement une aggravation de son rythme sous de faux prétextes et slogans. Les opérations criminelles qui ont visé de nombreux pays présentent preuve sur preuve que ce fléau abject est transnational et que son danger guette tous les peuples et Etats, sans distinguer entre ses victimes, en fonction d’une couleur, d’une ethnie, d’une religion, ou d’une tendance confessionnelle.
  • Dans ce contexte, il est requis plus que jamais de la communauté internationale de doubler ses efforts dans la lutte contre le terrorisme, sous toutes ses formes, en mettant fin à ses raisons véritables avec tous les moyens et capacités dont il dispose, tout en prenant en compte la distinction entre le terrorisme et le droit légitime des peuples à résister contre une occupation étrangère.
  • Le terrorisme qui cible des civils vivant en sécurité constitue un véritable problème auquel les Etats doivent faire face. La première responsabilité d’un Etat est celle de protéger la sécurité de ses citoyens. Mais pour qu’une forme de terrorisme ne soit pas suivie d’une nouvelle forme encore plus grave, nous devons traiter les racines du terrorisme qui se nourrit des violences subies par les hommes, dans des circonstances marquées par le désespoir, l’absence de solution et la perte de l’espoir quant à la possibilité de réformer par des moyens pacifiques.
  • Ceux qui traquent l’islam prennent les actions des groupes terroristes comme prétexte pour l’attaquer, déformer son image et faire porter à l’ensemble des musulmans la responsabilité d’actes qu’ils n’ont pas commis et dont ils sont les premières victimes. Cela nécessite que nous affrontions ces propos fallacieux en montrant la réalité de l’islam, sa tolérance et son respect envers « l’Autre ». Nous devons inculquer aux jeunes de la oumma qu’il n’est pas suffisant de tirer une fierté des caractéristiques de notre religion qui se joignent aux vertus humanistes de manière générale et correspondent à de nobles qualités, encore faudrait-il les mettre en œuvre.
  • Malgré les efforts continus déployés par les Etats du Conseil et les efforts de la communauté internationale pour établir une paix juste au Moyen-Orient et créer un Etat palestinien indépendant, avec Jérusalem pour capitale, cela ne s’est toujours pas réalisé. Les horizons d’une solution juste paraissent complètement bouchés à cause de l’entêtement israélien et la continuation de pratiques israéliennes hostiles visant à changer la réalité géographique et démographique des territoires palestiniens occupés, en élargissant la construction de colonies, en pratiquant des agressions répétées et méthodiques visant la Mosquée Al-Aqsa et les citoyens palestiniens sans armes, en continuant d’imposer l’embargo sur la bande de Gaza et en interdisant sa reconstruction.
  • Il n’est pas acceptable que la cause palestinienne demeure sans solution, en étant otage des politiques israéliennes discriminatoires.
  • Le laxisme continu de la communauté internationale à l’égard de l’occupation israélienne et ses pratiques mènera à des résultats catastrophiques dans la région du Moyen-Orient et dans le monde entier. Il est de notre droit, voire de notre devoir, de demander à la communauté internationale d’imposer à Israël de mettre fin à son occupation des territoires arabes et de lever les obstacles face à la création d’un Etat palestinien indépendant et souverain ayant Jerusalem-Est pour capitale, sur les frontières de 1967.
  • La persistance de la crise syrienne met la communauté internationale devant une responsabilité historique, morale et humaine.
  • Les conséquences de cette crise débordent des frontières syriennes et régionales pour menacer la sécurité et la stabilité dans le monde. C’est pour cela que nous devons, en tant qu’Arabes et en tant que membres de la communauté internationale, de mettre un terme à cette catastrophe et de protéger la sécurité et la paix régionales et mondiales en prenant toutes les décisions et mesures susceptibles d’arrêter l’effusion du sang des Syriens et d’alléger leurs souffrances en veillant sérieusement à mettre en œuvre les décisions de Genève 1 qui répondent aux ambitions du peuple syrien et à ses espoirs, qui préservent la dignité des citoyens et leur droit d’exercer leur volonté libre dans la détermination de l’avenir de leur pays, sans contrainte ni obligation de la part d’une quelconque puissance locale ou régionale ou internationale.
  • A cette occasion je salue l’invitation lancée par le Royaume d’Arabie-saoudite frère à l’ensemble des différentes parties de l’opposition syrienne, politique et armée, de venir à Riyad pour se concerter sur la délégation qui représentera le peuple syrien dans les négociations de Vienne. A travers cette invitation, l’Arabie-saoudite démontre une nouvelle fois sa position de soutien au peuple syrien.
  • Dans ces circonstances où le peuple syrien subit les crimes de déplacements et de génocides, nous appelons les factions de l’opposition syrienne à s’élever à la hauteur de la responsabilité et de saisir cette précieuse opportunité pour unifier leur rang et coordonner leurs pas au-delà de la simple formation d’une délégation qui participera aux négociations.
  • Concernant le Yémen, nous rappelons à nouveau notre souci pour sa stabilité, son unité et la sécurité de son territoire. Nous affirmons notre soutien à la légitimité et notre refus de toute tentative d’imposer de force l’hégémonie d’un groupe sur le Yémen ainsi que notre condamnation de ces tentatives échouées, par la grâce de Dieu et par la position du peuple yéménite et la solidarité de la coalition arabe.
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    Nous affirmons la nécessité de parachever le processus politique conformément à l’initiative des Etats du Golfe, aux résultats du dialogue national yéménite au mois de janvier 2014, à la Déclaration de Riyad de mai 2015 et à la résolution de l’ONU n°2216.

  • Par ailleurs, la sécurité de l’Irak, sa stabilité, son unité nationale et son intégrité territoriale sont des questions d’une importance capitale pour nous, pays membres du Conseil de Coopération des Etats du Golfe, ainsi que pour la nation arabe de manière générale. C’est pour cela que nous appelons à le soutenir et l’aider dans sa guerre contre le terrorisme qui menace sa sécurité, sa stabilité et son existence. Nous affirmons que pour vaincre le terrorisme et consacrer la stabilité après cette victoire, il faudrait dépasser le communautarisme politique et la prolifération des milices, en jetant les bases d’un Etat national se fondant sur une citoyenneté égale entre tous les Irakiens, quelle que soit leur appartenance communautaire, religieuse ou ethnique.
  • Concernant la Libye, nous aspirons à ce que nos frères libyens puissent dépasser les difficultés actuelles et réaliser une réconciliation nationale générale en avançant dans le processus politique qui permettra de réaliser l’unité et la stabilité et le retour de la sécurité pour le peuple libyen frère. Il n’y aura pas d’autre solution en Libye à part la solution politique.